LEGALEX Namur

Avocat ? C’est un bien joli métier … ou pas.

Le souci, c’est la mentalité de celles et ceux qui l’exercent et qui, humainement, sont absolument infects !

Trois exemples pour illustrer le propos. Trois exemples tirés de mon vécu de la semaine écoulée …

Premier exemple :

Je suis le conseil d’un monsieur qui est séparé d’une dame et qui voudrait pouvoir exercer son droit aux relations personnelles avec son fils. Une procédure est lancée par mes soins. Je réclame donc un droit de visite pour le client et propose spontanément un montant pour une contribution alimentaire à payer pour cet enfant. Un avocat me signale son intervention et me précise que sa cliente est d’accord sur le droit de visite sollicité mais pas sur le montant de la pension alimentaire. Il me propose de faire acter cet accord sur les modalités d’hébergement de l’enfant et de reporter l’affaire pour la question de la pension alimentaire, étant entendu qu’il souhaite rédiger des conclusions sur cette question pour faire valoir les revendications de sa mandante. Je lui réponds que je suis d’accord avec ce qu’il me propose.

L’huissier que j’avais chargé de signifier la citation s’emmêle un peu les pinceaux et me prévient de l’audience … le jour de l’audience. Quand je prends connaissance de son mail, il est déjà trop tard mais ce n’est pas grave puisque j’avais signalé à mon confrère que je marquais mon accord sur ce qu’il proposait (acter l’accord entre les parties sur le droit de visite du papa et reporter le dossier pour le surplus).

Quelques jours plus tard, mon charmant confrère m’envoie un courrier enflammé pour se plaindre que je n’étais pas présent à l’audience (forcément puisque j’ai été prévenu tardivement) et il me demande de lui verser une indemnité parce que sa collaboratrice s’est déplacée pour rien, le dossier ayant été reporté à une audience ultérieure.

Je lui réponds que 1° je n’aurais pu être présent à cette audience puisque mon huissier me l’a signalée tardivement 2° que je sois présent ou non n’a pas la moindre importance à partir du moment où je lui avais écrit expressément que j’étais d’accord sur ce qu’il me proposait 3° le dossier devait de toute façon être reporté – à sa demande – puisqu’il voulait conclure sur la question de la contribution alimentaire 4° si j’avais été présent à l’audience, si j’avais été prévenu à temps, cela n’aurait rien changé : sa collaboratrice aurait de toute façon dû se déplacer pour faire acter l’accord et solliciter sa remise …

Le confrère n’en démord pas, il porte plainte à son Bâtonnier. Triste mentalité.

Deuxième exemple :

Un couple se sépare. Madame est extrêmement hargneuse. Il y a de la souffrance derrière tout cela mais aussi un besoin maladif de contrôle, une volonté de ne pas se laisser faire, un souci manifeste de montrer qu’elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et que, avec elle, cela ne va pas se passer comme ça. Elle exige que Monsieur quitte au plus vite la résidence conjugale et, pour lui mettre la pression, elle lui hurle dessus du matin au soir et du soir au matin. Il finit par partir parce que cela devient vite insupportable.

Le couple a deux maisons. La résidence conjugale et une autre maison donnée en location. Monsieur propose de reprendre le bien loué et de laisser la résidence conjugale à son épouse, sa future ex-épouse. Refus catégorique de la dame : elle veut que le domicile conjugal soit vendu et elle veut récupérer le bien loué pour elle. Mon client n’a pas envie de se battre pour cela, il veut avoir (enfin) la paix. Il accepte les exigences de l’intéressée. Ensemble, ils signent une lettre de résiliation du bail qui stipule que cette résiliation est motivée par le fait que Madame souhaite occuper personnellement le bien.

Il reste bien sûr des tas d’autres choses à régler. Monsieur fait des propositions. Elles sont toutes refusées. Il fait des concessions. Elle n’en fait aucune. Impossible dans ces conditions de régler les choses à l’amiable dans le cadre d’un divorce par consentement mutuel. Je lance alors une procédure de divorce pour cause de désunion irrémédiable, notamment parce que Madame réside seule dans la résidence conjugale après avoir poussé son mari vers la porte de sortie. Elle exige que celui-ci continue à payer la moitié des frais de cette maison … mais sans possibilité pour lui de pouvoir en jouir. Sur le plan des principes, elle n’a pas tort – il est propriétaire au même titre qu’elle – mais, à partir du moment où il ne peut pas jouir de ce droit de propriété, elle est normalement tenue de lui payer une indemnité d’occupation. Elle ne veut pas en entendre parler sous prétexte qu’il n’y a pas de procédure de divorce en cours. Dont acte.

Dans ma citation, j’explique les raisons pour lesquelles il faut considérer que la désunion des parties est irrémédiable. J’expose notamment que les parties n’ont évidemment pas l’intention de se réconcilier et de reprendre la vie commune puisque, précisément, elles se sont mises d’accord pour vendre la résidence conjugale et ont, ensemble, donné leur renom à leurs locataires pour que Madame puisse aller habiter dans cette maison.

Réaction de l’avocate adverse : plainte auprès du Bâtonnier parce que j’ai osé invoqué cet accord qui, selon elle, est confidentiel dès lors que nous ne sommes pas parvenus à nous entendre sur tout ! Et la consoeur de reconnaître qu’elle a l’intention de soutenir, contre la Vérité, qu’il n’y a jamais eu d’accord, ni sur la mise en vente de la résidence conjugale, ni sur le fait que sa cliente veut récupérer la maison louée à des tiers. En d’autres termes : « je refuse que vous fassiez allusion à cet accord parce que j’ai l’intention de mentir délibérément au Tribunal pour vous empêcher d’obtenir le divorce pour cause de désunion irrémédiable ». Il n’y a naturellement pas d’autre but que d’emmerder l’autre par tous les moyens, en ce compris le mensonge, la tromperie … Même conclusion que pour l’exemple précédent : triste mentalité.

Troisième exemple.

J’ai déjà évoqué dans un de mes précédents articles le cas de cette malheureuse grand-mère qui ne peut plus voir sa petite-fille parce que les parents refusent qu’elle puisse refaire sa vie avec la personne qu’elle a rencontrée il y a quelques mois. En bref : chantage affectif pour refuser à cette Mamy le droit de choisir librement son compagnon de vie. Si tu ne quittes pas immédiatement ce type, tu ne verras plus notre fille, ta petite-fille ! Résultat : elle n’a effectivement plus vu sa petite-fille depuis plusieurs mois.

Afin de lui permettre de renouer le contact avec l’enfant, le Tribunal organise un droit de visite dans un espace-rencontre. La grand-mère s’y rend avec enthousiasme : elle va enfin pouvoir revoir sa petite-fille, ce qu’elle attend depuis des mois. Et tout se passe bien …

Deux jours plus tard, lettre officielle de l’avocat des parents : « Je suis contraint de revenir sur les conditions dans lesquelles s’est déroulée la visite de votre cliente au centre (…). Au terme de cette visite, mes clients se sont rendus compte de la présence du compagnon de votre client sur le parking (il attendait évidemment la grand-mère pour la ramener à la maison). Le règlement d’ordre intérieur du centre précise clairement que les personnes non reprises dans le jugement doivent rester en dehors des murs du centre. Il est indispensable que cet incident ne se reproduise plus ».

Troisième exemple de la semaine pour parvenir toujours à la même conclusion : triste mentalité. Si j’étais impoli, je dirais que mes confrères ont, à vrai dire, une mentalité de merde mais, comme je ne le suis pas, je vais m’abstenir de le dire, même si je le pense …

Et on s’étonne que les avocats soient si mal vus par les gens ? Avant de porter plainte contre moi, regardez-vous un peu dans un miroir : ce que vous y verrez n’est pas très joli et porte bien plus atteinte à l’honneur de la profession que celui dont vous vous plaignez … Mais bon, je ne me fais pas la moindre illusion quant à une évolution de cette triste mentalité car cela nécessiterait quelques qualités humaines qui, manifestement, leur font défaut.

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