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Harcèlement des ados : que faut-il faire ?

Il ne se passe pas un jour sans que l’on n’apprenne que, quelque part, un ado se fait harceler par ses petits camarades, à l’école et/ou sur les réseaux sociaux, avec pour conséquence que certaines victimes finissent par mettre fin à leurs jours parce qu’elles ne supportent plus cette pression.

Bien sûr, tout le monde s’indigne de cette situation et nombreuses sont les campagnes qui tendent à attirer l’attention des jeunes sur les conséquences de leurs actes.

Ces campagnes ne servent la plupart du temps à rien du tout car les ados qui se livrent à ce genre de comportements sont, le plus souvent, des crétins qui ont l’intelligence d’une moule. Quoique l’on dise, quoique l’on fasse, ils continuent parce que cela leur donne du pouvoir et l’illusion d’une supériorité sur l’autre qui n’est qu’illusoire.

Ceci étant dit, nous ne sommes pas ici pour faire de la psychologie à deux balles. A chacun son métier. La question qui se pose ici est de savoir ce qu’il est possible de faire, juridiquement.

Ce qui est certain, c’est qu’il y a en tout état de cause UNE chose à ne surtout pas faire : rester les bras croisés, attendre que cela passe et penser que cela va s’arrêter un jour. L’inaction parce que l’on a peur des prétendues représailles de l’auteur ou des auteurs du harcèlement. Si vous voulez que votre fils ou votre fille continue à souffrir, si vous voulez avoir sa mort sur la conscience parce que vous n’avez rien fait pour lui ou pour elle, c’est exactement la solution : la politique de l’autruche. Demain, cela ira mieux … Ben voyons. En réalité, moins vous agirez et plus vous donnerez du pouvoir au harceleur … qui continuera chaque jour un peu plus en repoussant les limites de son imbécilité (qui rime avec méchanceté).

Ce qu’il faut faire, c’est agir. Dénoncer les faits. Prévenir l’école, le directeur, les professeurs pour les amener à agir envers la ou les personnes qui harcèlent votre enfant. Les obliger à prendre leurs responsabilités. Cela se passe à l’école ? C’est à eux d’y mettre fin. C’est à eux de prévenir les parents de ce petit couillon pour qu’ils mettent fin une bonne fois pour toutes au comportement détestable de leur progéniture. Si l’intéressé(e) ne modifie pas ses agissements, s’il poursuit sur la voie du harcèlement, c’est à l’école de prendre des mesures plus radicales et de renvoyer purement et simplement cet élève en prenant bien soin d’indiquer le motif du renvoi pour que les prochaines écoles puissent être averties du danger et faire preuve de vigilance pour que cela ne se reproduisent pas chez elles.

Parallèlement, il faut porter plainte à la police, avec l’enfant, même s’il ou si elle est réticente. Il ou elle n’a pas le choix : c’est sa vie qui est en jeu, son intégrité physique. Suite à cette plainte, le harceleur ainsi dénoncé sera entendu, ainsi que ses parents. Etre entendu par la police n’est jamais une épreuve agréable. Parfois, cela peut suffire pour que cesse cet harcèlement. Parfois, c’est l’inverse qui se produit quand on a face à soi le crétin de chez crétin. En pareil cas, il faut persévérer, porter à nouveau plainte, dénoncer à nouveau les faits à l’école et aux parents dudit crétin. Si celui-ci est trop bête pour comprendre et cesser ses agissements, il DOIT être renvoyé de l’école et la Justice fera en sorte d’ouvrir contre lui un dossier protectionnel qui pourra conduire à un placement dans un centre fermé afin de protéger ses victimes.

Tout cela peut cependant prendre du temps et, en pratique, il faut agir vite pour que les actes malveillants ne continuent pas à l’encontre du jeune harcelé. Dans cette perspective, votre fils ou votre fille doit se ménager la preuve de ce qui se passe. Il doit noter soigneusement l’identité des témoins de son harcèlement (forcément, pas les ami(e)s du harceleur mais les autres, ses amis, les autres élèves qui ne sont ni d’un côté, ni de l’autre). Il doit aussi et surtout avoir le réflexe d’enregistrer avec son smartphone ce qui se passe afin de produire tout cela à l’appui de la plainte déposée à la police et devant le Tribunal, si nécessaire. Si ce harcèlement se produit sur les réseaux sociaux, sur Messenger, par SMS … il faut imprimer tout cela, naturellement.

Ensuite, en attendant qu’un sort soit réservé à la plainte et en attendant que l’école prenne ses responsabilités, il FAUT introduire une procédure d’urgence en justice, saisir le juge compétent en pareil cas : le Juge des référés. Il faut assigner les parents du harceleur en qualité d’administrateurs de la personne et des biens de leur enfant mineur. Si les faits sont établis grâce aux preuves recueillies (voir ci-dessus), le Tribunal ne manquera pas de rendre un jugement qui interdira le harceleur d’approcher sa victime, d’avoir le moindre contact avec celle-ci, même par messages interposés, sous peine d’astreintes de 500,00 € par infraction (à vous d’en faire la demande). Vous pouvez vous douter que les parents de l’intéressé(e) n’auront vraiment aucune envie de payer de telles sommes à cause des conneries de leur gamin(e).

Pour le reste, mais nous sortons à nouveau de l’aspect juridique des choses, c’est à vous, les parents de la victime, d’apporter plus que jamais votre soutien et votre amour à votre enfant, en le faisant éventuellement suivre par un psychologique pour qu’il ou elle se rende compte qu’il ou elle n’est pas cette petite merde qu’on a voulu lui faire croire. La petite merde, c’est l’autre …

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