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La mentalité des avocats est-elle pourrie ?

La question mérite assurément d’être posée.

Comme dans tous les métiers, il y a les bons … et les moins bons (que l’on nommera ainsi par respect pour la profession d’avocat en pensant néanmoins qu’ils sont franchement mauvais).

On ne parle pas ici de leurs compétences juridiques mais de leurs qualités humaines.

Parmi les avocats, il y a assurément des gens biens. Des personnes affables, respectueuses de l’autre, bienveillantes … qui se contentent de faire leur métier et qui, le plus souvent, le font avec coeur.

Et puis, il y a les autres. Des avocats humainement infects, imbus de leur personne, arrogants, méprisants, bouffés littéralement par leur ego surdimensionné. Comme par hasard, ce ne sont pas les meilleurs non plus sur le plan juridique mais c’est une autre question car, il faut bien le dire et le regretter, il arrive aussi que des avocats extrêmement compétents soient aussi non moins extrêmement hautains, affichant constamment ce petit air de supériorité insupportable qui leur va si bien.

Les choses ne se sont pas améliorées avec le temps. Cela fait plus de 25 ans que je pratique le métier d’avocat. Je constate avec regret que les confrères sont de plus en plus agressifs, hargneux. Ils partent du principe que leur client a forcément raison parce que c’est leur client et que, par voie de conséquence, l’autre partie est nécessairement un « adversaire ». C’est la guerre. Il faut la gagner.

Ce faisant, ils perdent de vue l’essentiel : un dossier, ce n’est pas le demandeur contre le défendeur, mais deux personnes qui sont en litige et qui souffrent. Ils sont consultés par tel client mais ils auraient aussi bien pu être consulté par l’adversaire de ce client … et leur attitude aurait sans doute été à l’inverse de celle qu’ils adoptent dans leur dossier. Soit.

Quelques exemples pour illustrer le propos.

Il m’arrive fréquemment de recevoir des courriers d’avocats qui contiennent, en substance, les propos suivants : « J’ai visé l’article 735 du Code judiciaire, je serai là en début d’audience, si votre cabinet n’est pas représenté, je prendrai mes avantages ».

Quoi ? Vous ne comprenez pas ce que cela veut dire ? C’est du chinois pour vous ? Ne vous inquiétez pas, c’est normal que vous ne compreniez pas ce genre de phrases si vous n’êtes pas vous-même avocat : c’est du jargon juridique. Les avocats les plus désagréables adorent ce langage qui leur donne l’illusion d’être des gens supérieurement intelligents.

Concrètement, cela signifie que, si vous n’êtes pas là en début d’audience (alors que, comme tous les avocats, vous devez le plus souvent être à 36 audiences à la fois le même jour à la même heure parce que l’organisation de la Justice est ainsi faite que vous devez faire des choix et organiser votre journée en tenant compte du fait que vous ne disposez pas du don d’ubiquité), le charmant confrère va profiter de votre absence pour solliciter un jugement par défaut à l’encontre de votre client. Sympa, n’est-ce pas ?

Certes, parfois, cela se justifie, lorsque l’on a face à soi quelqu’un qui est de très mauvaise foi, qui veut gagner du temps, qui multiplie les manoeuvres dilatoires, etc. Mais, le plus souvent, ce n’est pas le cas. Parfois, la demande est contestée à très juste titre et on veut simplement assumer correctement la défense de son client en rédigeant des conclusions pour présenter au juge une note écrite reprenant les arguments que l’on pense devoir invoquer à l’appui de cette contestation … tandis que l’autre avocat, le confrère inutilement pressé, au mépris des droits de la défense, veut vous mettre bêtement la pression parce qu’il est persuadé, justement, que son client a forcément raison puisqu’il l’a consulté.

Et c’est ainsi que, dès le départ, une ambiance détestable est mise dans le dossier …

Est-il utile de préciser que c’est aussi le genre de confrère qui vous dit à peine bonjour quand vous le croisez et que vous pouvez le suivre à la trace dans le Palais de Justice tant l’odeur de sa prétention infecte les salles d’audience ?

Chaque courrier émanant de cet avocat est agressif, rempli de piques … C’est le genre d’avocat qui commence ses plaidoiries par « Mon jeune confrère, de l’autre côté de la Barre … ». Et oui, il y en a qui sont comme cela … Ils s’imaginent que c’est en rabaissant l’autre qu’ils se grandissent. C’est exactement le contraire, en réalité, mais ils ne sont pas en mesure de le comprendre, malheureusement, parce que leur degré de développement personnel est proche du néant absolu. Inutile de préciser, en effet, que ces gens-là ne se remettent jamais en question.

Reprenons le chemin des exemples en étant, cette fois, un peu plus concrets.

Madame X vit seule avec ses deux enfants. Elle a divorcé depuis quelques années et ce n’est pas facile tous les jours pour elle de joindre les deux bouts. Elle a récupéré la maison conjugale mais elle se serre la ceinture pour payer le prêt hypothécaire et veiller à ce que ses enfants ne manquent de rien. Catastrophe pour elle : elle perd son emploi pour des raisons économiques. Elle galère, va retrouver un emploi plus tard mais, entre-temps, elle a accumulé quelques mois de retard au niveau du remboursement de son crédit, ce qui représente tout de même quelques milliers d’euros de dettes qu’elle ne peut apurer en une fois. Elle explique la situation à la banque et propose de reprendre le remboursement du crédit en majorant les mensualités de 100 ou 150 € par mois (je ne sais plus mais cela n’a pas vraiment d’importance). Pas de chance pour elle, elle tombe sur un gestionnaire borné qui ne veut rien entendre. La proposition est rejetée, le crédit est dénoncé, un avocat est mandaté. Oui, il y a aussi des cons qui travaillent dans des banques. L’avocat est à l’image du gestionnaire : intransigeant. A l’audience, la dame vient le trouver pour lui expliquer sa situation. Réponse de l’avocat : « je n’ai pas de temps à perdre à vous écouter, vos problèmes ne m’intéressent pas : si vous ne payez pas, je ferai saisir votre maison et je la ferai vendre en vente publique ». J’adore ce genre de confrère …

Autre exemple. Une jeune fille d’une vingtaine d’années perd sa soeur dans un tragique accident de la route provoqué par un type en état d’ivresse (collision frontale). La jeune fille est effondrée. Elle était très proche de sa sœur qu’elle voyait pratiquement tous les jours après avoir vécu avec elle à la maison parentale pendant plus de 20 ans. Elle est vraiment anéantie par cette disparition brutale et ne suis d’ailleurs pas certain qu’elle s’en remettra un jour. L’automobiliste responsable de cet accident est poursuivi et condamné par le Tribunal de police d’Arlon. Se pose alors la question de l’indemnisation de la jeune fille pour la perte de cet être cher. La compagnie d’assurances du conducteur responsable de l’accident propose un montant de … tenez-vous bien : 1.500 €. Oui, vous avez bien lu, il ne manque pas un zéro à la fin. 1.500 €, le prix de la vie humaine aux yeux du gestionnaire du dossier au sein de la compagnie. Oui, il y a également des cons dans les compagnies d’assurances.

L’avocat relaie cette proposition et plaide sur cette base devant le Tribunal. Mouais. On ne sait pas si cet avocat s’est contenté de suivre les instructions de sa cliente en lui disant à titre confidentiel que le montant proposé n’est vraiment pas raisonnable ou si, au contraire, il s’est personnellement rallié à cette proposition généreuse en trouvant lui-même que c’est effectivement bien suffisant dès lors que la soeur décédée ne vivait plus sous le même toit que la jeune fille depuis quelques mois (c’est la thèse qui a été défendue pour « justifier » l’indemnité proposée, comme si la douleur de la perte d’un proche est moindre quand on n’habite plus avec lui ou elle …).

Le Tribunal de police d’Arlon a rendu un jugement parfaitement motivé qui accorde, au final, une somme de 7.500 € à la jeune fille en mettant en évidence le fait que, 1.500,00 €, c’est l’indemnité que l’on accorde habituellement pour le dommage résultant d’une privation de véhicule pendant 75 jours. Je ne sais pas vous mais moi, si on me demande de choisir entre perdre ma sœur pour toujours ou être privée de ma voiture pendant 75 jours ou plus, je crois que je ne vais pas hésiter très longtemps à faire mon choix. Je pense d’ailleurs que si on me demande de choisir entre recevoir une somme de 7.500 € et être privé de ma soeur ou ne pas recevoir cette indemnité et pouvoir partager encore avec elle quelques moments de joie, je ne vais pas hésiter non plus beaucoup … Vous pouvez même m’offrir 75.000 €, si vous voulez : non, merci, je préfère garder ma sœur. Soit. Ceci dit, cela ne risque pas d’arriver : je n’ai pas de sœur 😉

L’avocat fait appel de la décision. Quand je lui demande de me préciser quand il a déposé sa requête d’appel et quelles sont les références du dossier au Tribunal de première instance d’Arlon (le juge d’appel), il m’envoie sur les roses, me disant en substance que je n’ai qu’à me débrouiller et que je n’ai qu’à déposer des conclusions pour faire refixer le dossier. En attendant, la jeune fille n’a toujours pas perçu un centime. Cela fait plus de 5 ans que sa soeur est morte. Et ducon-frère, tu ne peux pas respecter un peu la douleur de ton « adversaire » ?

Encore un exemple ? Madame A et Monsieur B divorce. Ils ont une fille de 16 ans. Monsieur B est parti brutalement, du jour au lendemain, avec « une autre ». Non, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il n’y a pas de jugement de ma part à l’égard de Monsieur B. Les histoires de couple sont souvent bien plus compliquées que ce que l’on croit. Si ça tombe, ma cliente, Madame A était une personne désagréable, difficile à vivre, un sale caractère. Elle a peut-être pourri la vie de Monsieur B. Je n’en sais rien. Monsieur B est tombé amoureux d’une autre personne. C’est ainsi, ce sont des choses qui arrivent. C’est peut-être une très belle histoire d’amour qui commence. C’est sans doute mieux pour tout le monde si l’amour n’était plus présent au sein du couple. Je n’en sais rien, je ne veux pas juger, ni l’un, ni l’autre. Ils sont arrivés au bout de leur histoire, c’est tout. Mais ce n’est pas facile pour Madame A, qui n’a décidément pas de chance, cette année, puisqu’elle vient en plus d’être licenciée, presque au même moment ! (faut croire que mes clients les accumulent …). Bref, le ciel lui tombe sur la tête.

Au début, malgré l’émotion, le couple envisage un divorce à l’amiable devant un notaire. Monsieur B est d’accord de laisser la maison à Madame A. Il veut juste récupérer une soulte, ce qui n’est pas, en soi, anormal. Reste à s’entendre sur le montant. On parle de 35.000 €. C’est le montant maximum du crédit que Madame A peut obtenir de la banque pour racheter la part de Monsieur B. Au-delà, la banque ne suit pas et, de toute façon, Madame A qui, je le rappelle, a perdu son emploi, ne pourrait pas assumer cette dette. Monsieur B est d’accord, pour l’enfant, parce que, au final, c’est elle qui héritera de la maison. Et puis, ainsi, cela lui évitera de devoir partir, elle aussi, de cette maison, elle qui vit déjà très mal la séparation de ses parents. Un RDV est pris chez le notaire pour finaliser l’opération.

Quelques jours avant la date fixée pour ce RDV, poussé par ses parents, Monsieur B va consulter un avocat « pour vérifier s’il ne se fait pas avoir ».

Personnellement, si j’avais été consulté par Monsieur B, je lui aurais tenu à peu près ce discours : « Monsieur B, un mauvais arrangement est toujours préférable à un bon procès. Vous avez aimé votre femme pendant de nombreuses années. Vous aimez votre fille. Vous êtes parti de la maison pour allez vivre avec une autre personne. Ce n’est facile, ni pour votre future ex-épouse, ni pour votre fille. Vous êtes d’accord de laisser la maison moyennant le paiement d’une soulte de 35.000 €. C’est très bien ainsi. Certes, vous pourriez sans doute obtenir plus en Justice parce que la valeur réelle de votre part est effectivement plus importante. Et après ? L’argent est-il à ce point important pour vous alors que votre femme, qui vit désormais seule, est au chômage tandis que vous, de votre côté, vous gagnez confortablement votre vie que vous partagez, en plus, avec une nouvelle compagne. Vous voulez échanger votre position avec celle de votre futur ex-épouse ? Je ne crois pas, non … Restons un tant soit peu humains. Oui, c’est vrai, vous pourriez obtenir un montant plus élevé … sauf que votre femme ne pourra pas assumer et que, en pareil cas, la maison va devoir être vendue. Elle va ainsi se retrouver incessamment sans mari, sans boulot, sans maison. C’est cela que vous voulez ? Le Droit, c’est bien, il est plutôt en votre faveur. Mais, humainement, vous allez vous sentir bien après tout cela, simplement parce que vous aurez gagné 25.000 € de plus à peu de choses près ? Vous êtes d’accord de lui laisser la maison pour 35.000 € au lieu de 70.000,00 €. Et bien, soyez fier de vous parce que, ce faisant, vous êtes généreux, juste, correct, humain ».

Voilà ce que j’aurais dit à ce Monsieur. De tout évidence, ce n’est pas ce qu’il a entendu de la bouche de l’avocate qu’il a consultée … Après l’avoir consultée, en effet, le RDV chez le notaire a été annulé. J’ai alors pris contact avec ma consœur après avoir été consulté à mon tour par Madame A et je lui ai proposé d’emblée de nous réunir tous ensemble pour tenter de trouver une solution à l’amiable, équilibrée, respectueuse des droits de chacun mais tenant compte aussi de l’aspect humain des choses. Sa réponse ? « Monsieur B n’est plus disposé à négocier. Il entend divorcer au plus vite. Je suis mandatée pour déposer une requête en divorce pour cause de désunion irrémédiable ». Comme tout cela est élégant …

Un petit dernier pour la route ? Madame A est institutrice. Elle gagne +/- 1.600 € par mois. Monsieur B est pilote de ligne dans une grande compagnie aérienne. Il gagne 8 à 9.000 € par mois sans tenir compte des avantages en nature. Le couple est séparé depuis des années. Ils ont deux enfants. L’aîné rêve depuis toujours de devenir pilote d’avion, comme papa. Il a aujourd’hui 18 ans et va réaliser son rêve : il a réussi brillamment l’examen d’entrée dans une école d’aviation réputée à Bruxelles. Le coût des études est très élevé. La maman demande que le papa participe pour moitié (alors que, normalement, chacun doit contribuer selon ses moyens financiers qui sont autrement plus importants pour lui que pour elle). Réponse du papa : « Pas question, ça coûte trop cher, il n’a qu’à faire d’autres études ». On rappelle que le papa est lui-même pilote de ligne … Le plus jeune souffre de troubles sérieux de l’attention (TDAH). Il est suivi depuis longtemps par une psychologue et doit prendre des médicaments relativement coûteux. La maman demande au papa de participer. Réponse du papa : « Pas question, c’est des conneries, tout ça ». Bon. On va en conclure qu’il y a décidément beaucoup de cons sur Terre et qu’il y en a parmi les pilotes de ligne. Pour être complet, on précisera que le papa n’exerce pas son droit de visite, qu’il ne part jamais en vacances avec ses enfants … La contribution alimentaire a été fixée alors qu’ils avaient 4 et 6 ans. Ils ont désormais 16 et 18 ans. On peut raisonnablement penser que leurs besoins ont augmenté avec le temps.

Comme elle se heurte à un mur d’avarice, la maman nous consulte et nous introduisons une action en justice pour que, d’une part, la pension alimentaire soit augmentée et que, d’autre part, le père soit condamné à participer à ces frais. Monsieur le papa modèle consulte un avocat. Dès le premier courrier, cet avocat pourrit littéralement le dossier : « Dois-je vous rappeler que les conventions préalables à divorce par consentement mutuel sont immuables ? Dois-je vous rappeler le principe de l’autorité parentale conjointe ? », etc. Bref, « monsieur l’avocat dois-je vous rappeler qui pète plus haut que son cul » le prend d’emblée de haut. Il sait tout. On a ici le Best of the world qui prend tous ses confrères pour des idiots. Pour l’anecdote, nous sommes allés jusqu’en appel et, au final, la cliente a naturellement obtenu ce qu’elle demandait …

Allez, je suis en forme, encore un tout dernier exemple. Monsieur A et Madame B, qui sont manifestement de braves gens qui n’ont jamais vu un Tribunal de leur vie, partent en vacances en Espagne. Leur maison est cambriolée pendant leur absence. Leur fils, qui passe tous les jours pour voir si tout se passe bien se rend compte de ce qui s’est passé. Il prévient ses parents et va faire une déclaration à la police mais ne peut évidemment pas préciser lui-même ce qui a été volé. A leur retour, le couple va compléter la déclaration de leur fils en produisant une petite liste des objets volés. Ce sont essentiellement des bijoux. Ils préviennent leur compagnie d’assurances qui envoie un expert pour estimer le dommage. Lorsque l’expert se présente, il est accueilli par Madame B. Elle lui donne la liste mais l’expert trouve qu’elle n’est pas suffisamment explicite et lui demande d’en faire une autre, un peu plus complète. Il pose quelques questions à la dame qui lui répond qu’elle ne sait plus, qu’elle ne se souvient plus … parce qu’elle a fait un AVC deux ans plus tôt et qu’elle a des pertes de mémoire (elle est en rééducation à ce propos). L’expert fixe un nouveau RDV. Comme les clients A-B ne savent pas très bien ce qu’ils doivent faire, ils font eux-mêmes appel à un expert pour réaliser cette fameuse liste. Lors du second RDV, tout se passe très bien et un PV d’expertise est signé par tout le monde, avec le sourire. Le temps passe et le couple ne voit toujours rien venir. Ils relancent leur compagnie d’assurances et tombent sur un gestionnaire extrêmement désagréable qui leur dit que ce sont des voleurs, que c’est une fraude à l’assurance et que la compagnie va porter plainte contre eux, sauf s’ils se contentent de la moitié de l’indemnité reprise sur le rapport des experts. Choqués par ce chantage, les clients refusent, à juste titre. C’est alors que nous sommes consultés. Le couple explique aussi que cela fait plus de 20 ans qu’ils sont dans cette compagnie, qu’ils n’ont jamais déclaré aucun sinistre, qu’ils ont fait l’objet d’une tentative de cambriolage il y a une quinzaine d’années mais qu’ils n’ont rien réclamé à l’époque parce qu’ils se sont réveillés à temps et que le voleur n’a rien pu leur prendre, que, sur la liste remise à la police, il y avait un objet qu’ils avaient retrouvé et qu’ils sont allés spontanément le dire « pour ne pas avoir de problèmes », etc. Bref, ce sont de toute évidence des gens de bonne foi qui n’ont absolument pas le profil des escrocs qui, assurément, n’attendraient pas plus de 20 ans pour agir en fraude … Soit. J’interpelle la compagnie et le fameux gestionnaire en question dont je confirme l’extrême sympathie. Oui, on l’a déjà vu plus haut, il y a des cons dans les compagnies d’assurances. Un avocat est finalement mandaté et je me dis que celui-ci va faire la part des choses et expliquer à sa cliente qu’il n’y a rien dans le dossier, que l’accusation ne repose sur rien d’autre qu’une croyance du gestionnaire, que même l’expert de la compagnie n’a jamais remis en doute le cambriolage, etc. Et le charmant confrère de me répondre en substance avec toute l’objectivité qui ne le caractérise pas que mes clients sont des escrocs et qu’il va porter plainte avec constitution de partie civile entre les mains d’un juge d’instruction. De l’art d’épouser aveuglément la thèse ridicule de ses clients sans prendre un minimum de distance, tout cela, bien sûr, avec un énorme mépris à l’égard des « adversaires » que sont mes méchants clients.

Je pourrais poursuivre à l’infini ce genre d’exemples mais, si je me laissais aller, ce n’est plus un article sur un blog que je serais amené à rédiger mais un roman de mésaventures.

Mesdames et Messieurs les avocats, mes chers confrères, franchement, parfois, vous me faites détester ma profession. J’ai honte d’être avocat quand je vois votre mépris, votre manque d’humanité, votre hargne, votre agressivité, votre méchanceté … votre bêtise.

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