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Le juge Christian PANIER est un pédophile !

Chouette comme titre ! Bien accrocheur à la Sud Presse … Le but est atteint : votre attention a été attirée. Et après ?

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Le juge PANIER, qui fut notamment le Président du Tribunal de première instance de Namur, est-il réellement un sale pédophile ?

Et pourquoi se poser cette question ? Une question ? Non, ce n’en est pas une : c’est une affirmation ! Une certitude, même !

C’est en effet ce que j’ai lu à maintes reprises dans les commentaires de nombreuses personnes qui ont estimé devoir réagir lorsque la presse a signalé à ses lecteurs que l’intéressé accueillait Michèle MARTIN chez lui.

S’il la reçoit chez lui, c’est forcément qu’il est pédophile, lui aussi. Ou alors il couche avec elle. Ou alors c’est parce qu’elle est protégée par la Justice. D’ailleurs, il n’y a pas de Justice en Belgique. C’est bien connu. Tous des pourris, tous des corrompus, même les juges à la retraite qui n’ont plus aucun pouvoir. Faut-il être bête, quand même, pour corrompre un juge qui n’exerce plus cette fonction depuis plusieurs années ! Mais bon, c’est une autre question.

Ceci dit, qu’est-ce qui lui est passé par la tête, à ce juge qui n’en est plus un ?

Vous voulez connaître la réponse à cette question ? Et bien je ne vous la donnerai pas, parce que je ne suis pas Christian PANIER. Lui seul connaît la réponse. Et comme il n’en a aucunement honte, ce salaud, il la donne, cette réponse : parce que c’est conforme à mes valeurs chrétiennes, même si je ne crois plus en Dieu depuis longtemps.

Des valeurs chrétiennes ? C’est Koi ce truc ? Le pardon, la compassion, la bienveillance … vous savez, toutes ces petites choses dont on nous rabat les oreilles mais qui, la plupart du temps, se résument à des paroles creuses et non à des actes ?

Je ne connais pas Christian PANIER. Enfin si, quand même un peu. En tant qu’avocat au Barreau de Namur, ce serait quand même dommage de ne rien savoir de celui qui a présidé pendant plusieurs années le Tribunal de première instance de cet arrondissement.

J’ai même eu l’occasion de lui parler, parfois. Cela ne me donne ni le droit de croire que je connais l’être humain derrière le magistrat, ni celui de le juger.

J’ai néanmoins le souvenir d’un juge parfaitement intègre qui vivait pour la Justice, l’une de ses passions (ou de ses désillusions ?). Quelqu’un qui restait humain, compréhensif à l’égard de l’autre. Un homme qui ne s’autorisait pas à juger un autre homme mais bien, le cas échéant, les actes, les comportements de cet homme, en veillant à rester juste. Non, pas seulement « juste » : Juste, avec un grand J.

C’était un très bon juriste mais cela, on s’en fout car ce n’est pas suffisant pour faire de l’homme un bon juge : il était aussi et surtout un bon juge, non obnubilé par le pouvoir de juger mais bien par le souci de rester humain. Toujours. Sans mépris. N’est-ce pas cela que l’on est en droit d’attendre de la Justice ?

Certes, on pouvait ne pas être d’accord avec lui. Sans doute que, comme tous les magistrats, il a rendu des jugements moins « bons » que d’autres. Mais il l’a toujours fait avec conviction, bonne foi et intelligence. Jamais un jugement absurde ou ridicule ou, pire encore, bâclé. Et ça, ce n’est pas le cas de tout le monde.

Il m’est donc permis de douter, mais cela n’engage que moi, que cet homme-là soit subitement devenu un sale pédophile qui protège sa future maîtresse.

Je vois plutôt dans sa décision une certaine cohérence à l’égard de celui qu’il est ou, à tout le moins, à l’égard de l’image qu’il m’a laissée de lui.

La Justice a condamné Michelle MARTIN. La Justice a estimé, sur base d’un tas de pièces que la plupart des commentateurs du dimanche n’ont évidemment jamais vues (il est tellement plus facile de juger selon ses croyances, intelligentes ou non), que l’intéressé avait purgé sa peine et qu’elle avait le droit de bénéficier d’une libération conditionnelle. Conditionnelle, cela signifie, au cas où on l’oublierait, sous conditions.

Quoi, c’est pas bien ? C’est quoi qui n’est pas bien ? Le fait de ne pas l’avoir condamnée à mort ? Le fait de ne pas l’avoir condamnée à une peine plus sévère ? Peut-être mais, au fond, c’est qui a prononcé cette peine ?

Ah oui, je me rappelle, la Cour d’assises. C’est quoi une Cour d’assises ? Des jurés, des gens comme vous et moi, tirés au sort. Ce sont donc les citoyens qui ont décidé de prononcer cette peine. Vous et moi. Pas un juge professionnel sur son piédestal. Vous et moi. Comment cela, non, pas vous ? Vous, vous êtes certainement plus intelligent(e) que les « monsieur et madame tout le monde » qui ont siégé pendant de nombreuses semaines. Vous, vous n’avez pas vu les pièces du dossier, vous n’avez pas entendu les accusés, vous n’avez pas entendu les parties civiles, vous n’avez pas entendu le Procureur du Roi … mais vous savez sans doute mieux que ceux qui étaient là ce qu’est une peine juste pour cette dame. Ben voyons.

Oui mais elle n’est pas allée au bout de sa peine ! C’est scandaleux ! Oui, peut-être. Mais pourquoi ? Parce que l’on estime que tout être humain est susceptible de prendre conscience de ses actes, de s’amender, d’évoluer, de se réinsérer un jour dans la société, quelle que soit la gravité de ses actes. C’est bête, hein ! Et qui a décidé de cela ? Le législateur. Les hommes politiques. Ceux que vous avez élus. Ce sont eux qui décident des lois. Pas les juges. Les juges n’ont qu’un seul pouvoir : appliquer les lois, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. La loi sur la liberté conditionnelle est une mauvaise loi ? Possible. Vous attendez quoi pour voter pour des représentants qui sont prêts à la corriger ou la supprimer ? Non, monsieur, ce n’est pas la faute du Juge PANIER. Lui, il n’a rien eu à dire. Non, madame, il ne s’agit pas de protéger des pédophiles. La loi est la même pour tout le monde. C’est cela, la Justice, justement.

Bref, il faut faire avec ce que l’on a. Michelle MARTIN, je ne le connais pas. Vous non plus, d’ailleurs. Est-ce un monstre ? Oui, peut-être. Ou pas. Est-elle toujours un monstre ? Peut-être, mais sans doute pas. Quoiqu’il en soit, les personnes qui se sont penchées sur son dossier, et qui sont des êtres humains comme vous et moi, pas plus bête que vous (si, si, je vous assure), ont estimé qu’elle pouvait être libérée sous conditions.

Reste à appliquer la mesure. Qui veut bien d’elle ? Pas grand monde … Cela se comprend. Et voilà notre bon juge PANIER qui, soucieux comme il l’a toujours été de respecter la Justice, décide de l’accueillir, non pas dans son lit mais dans un appartement aménagé dans sa maison. Il se dit, l’idiot, que Michelle MARTIN est aussi un être humain et que personne ne sera plus heureux si elle reste croupir dans une prison, même si une majorité de la population pense le contraire.

Oui mais. Elle, elle n’a pas laissé de chance aux filles, à Julie, à Mélissa. C’est vrai. Et elle a été condamnée pour cela. Par vous et moi. On fait quoi alors ? On la laisse en prison ? On l’exécute ? On la laisse mourir de faim ? Cela va vous rendre plus heureux ? Vraiment ? La libérer sous conditions ne nous (vous) empêchera pas de penser que ce qui est arrivé à ces enfants est horrible. Que cela aurait très bien pu être NOS enfants. Oui, c’est vrai et c’est effrayant.

Mais Michelle MARTIN a aussi une maman. Et un papa. Et des enfants. Comme vous et moi. Elle aurait pu être notre fille. Nous pouvons juger ses actes, les détester, en vomir même ! Mais nous ne pouvons pas juger la personne car nous ne sommes pas cette personne. Si nous avions eu son vécu, ses mêmes épreuves de vie, ses faiblesses … nous serions elle et nous serions à sa place. Ben si. Elle a pris de mauvaises décisions au mauvais moment en fonction de ce qu’elle croyait devoir faire. Tiens, n’est-ce pas justement ce que vous faites, vous aussi, en commentant hâtivement l’acte du juge PANIER ? Nous ne sommes pas elle mais nous pouvons, sinon accepter, sinon comprendre son geste, nous pouvons au moins croire en l’évolution de l’être humain qu’elle est et qu’elle reste. On ne comble pas la tristesse de l’être perdu par la vengeance. On ne répare pas la mort d’un enfant par la mise à mort d’un adulte. Même les animaux ne font pas cela dans la nature.

Et c’est le pari du juge Christian PANIER. Michelle MARTIN est un être humain. Il le croit, en tous les cas. Il a raison ? Il a tort ? On n’en sait rien. Peut-être qu’elle n’a pas évolué au fond d’elle. Peut-être que c’est toujours un monstre, à supposer qu’elle l’ait été. Mais peut-être pas, finalement. Et si elle ne l’est pas ou plus, la garder en prison ferait de nous des monstres au même titre qu’elle. Nous ne vaudrions pas mieux qu’elle, en ce cas … Se satisfaire de la mort de quelqu’un, de voir cette personne croupir entre quatre murs … Vous trouverez cela sain, comme motif de satisfaction ? Apprécier le mal fait à autrui ? La prison, oui, s’il s’agit de protéger d’autres être humains. Mais quand il ne s’agit plus de protéger qui que ce soit ?

Conclusion : chacun a le droit de penser ce qu’il veut de Michelle MARTIN. Chacun de nous a le droit de détester cette personne … que nous ne connaissons pas, si ce n’est à travers un acte abject. Chacun de nous a aussi le droit de penser qu’elle aurait dû être condamnée à une peine infiniment plus sévère, qu’il ne devrait pas y avoir de libération conditionnelle pour des gens pareils …

Mais avons-nous le droit de qualifier cet ancien magistrat, qui a le courage de ses opinions et qui a donné sa vie à la Justice, de pédophile, de protecteur ou de corrompu, simplement parce qu’il permet la libération conditionnelle d’un être humain ?

Le pardon, ce n’est pas une des valeurs fondamentales de la société ? Vous préférez la vengeance ? C’est votre droit. Mais moi, je préfère Christian PANIER, même si je ne voterai pas pour le parti dans lequel il s’est engagé (chacun ses convictions, elles sont toutes honorables).

A votre avis, qu’est-ce qui va vous rendre plus heureux ? Laisser Michelle MARTIN mourir de faim dans sa prison, comme Julie et Mélissa, ou faire l’effort de comprendre qu’un être humain, qui est aussi une maman, a pu, un jour, être à ce point désemparée qu’elle a laissé mourir de faim deux adorables petites filles ? Au fond de vous, vous connaissez la réponse … Oui, c’est difficile à comprendre. Vraiment difficile. Et pourtant, c’est ce qui est.

Vous n’y arrivez pas ? Je peux aussi le comprendre. Moi aussi, j’ai beaucoup de mal à faire preuve d’empathie en pareil cas. Mais pour ce qui est du juge ? Est-ce si difficile de comprendre qu’une autre personne puisse avoir une autre vision des choses que vous ? Que vous n’avez pas le monopole de l’intelligence et que ce n’est pas parce que quelqu’un pense différemment de vous qu’il a forcément tort, qu’il est nécessairement idiot ? Il faut du courage pour prendre une telle décision. Christian PANIER a eu ce courage, comme il a eu le courage de dire ce qu’il pensait en tant que juge, quand il l’était encore.

Ce Monsieur a sans doute des tas de défauts, mais il n’a pas celui de l’inintelligence. Alors, qui êtes-vous pour le juger, pour croire que vous savez mieux que lui ce qui est juste ou ne l’est pas ? Qu’est-ce qui vous permet de penser qu’il est pédophile, qu’il est la complice de l’intéressée (si, si, je l’ai lu aussi dans un commentaire …) ? C’est comme cela, un point c’est tout ? Vous en êtes convaincu(e) ? Non mieux encore : vous en êtes certain(e) ! De l’art de confondre ses croyances avec la réalité des choses … Heureusement que tous les juges ne jugent pas selon leurs croyances parce que, si c’était le cas, il n’y aurait effectivement plus de Justice en Belgique.

PS : non, les avocats n’aiment pas les pédophiles. Ils préféreraient mille fois défendre les parents des malheureuses petites victimes ! Et non, je n’ai aucune envie d’accueillir Michelle MARTIN chez moi. Mais je peux reconnaître l’humanité de celui qui a eu ce courage.

31 comments to Le juge Christian PANIER est un pédophile !

  • Pour avoir rompu quelques lances, et m’être fait conspuer d’importance dans les fils de discussion ouverts sous les articles à ce sujet de la presse « main stream », simplement parce que j’avais tenté d’y défendre des vues assez proches de ce que vous exposez ici, je ne peux que partager votre avis. Et ce billet.
    Et vous remercier de l’avoir publié.
    J’en ai assez des « braves gens » qui hurlent à la vengeance, imaginent des turpitudes de toutes sortes là où il n’y a que la conviction, la cohérence morale et une certaine forme de générosité. Je suis écoeurée de les entendre réclamer le retour de la peine de mort.
    Mais je peine à trouver les mots pour me faire comprendre. Merci à vous de me les avoir « donnés ».

  • Bonjour ,
    Je ne crois pas détenir la vérité mais je me souviens de cette période où Julie et Melissa ont été enlevées.
    Mes enfants avaient à peu près le même âge.
    Je me souviens de l’attente, de la peur et de l’effroi qui se sont emparés de moi!
    De l’incompréhension : comment un être humain pouvait être capable de telles horreurs!
    Alors, oui j’ai essayé de comprendre comment on pouvait en arriver là. Et non, je n’ai trouvé aucune excuse.
    En effet, tuer un adulte pour venger un enfant n’existe pas chez les animaux parce qu’aucun d’entre eux n’est capable d’une telle barbarie !
    Mes enfants sont aujourd’hui adultes et j’ai la chance d’être grand mère.
    Je pense aux parents qui en ont été privé parce que d’autres,par leurs actes innommables, en ont décidé autrement !

    Alors oui, il ne faut peut être pas juger trop vite mais cela vaut aussi quand il s’agit de donner son opinion sur les simples mortels car ceux ci réagissent souvent en ce mettant à la place des victimes…

  • Horizon

    Fasse le ciel ou l’enfer que je ne tombe pas sur un tel radoteur pour me «défendre» (!) si, par malheur, je devais un jour comparaître devant cette institution de fric et de pourriture.
    H.

  • BRAVO.
    Un peu long mais je partage ce post avec plaisir.
    Je pense que les réactions violentes (pour ne pas dire autre chose) envers l’ex-juge Panier sont dues à l’éducation violente de ses auteurs.
    Comme j’aimerais que Mme Martin et Mr Panier lisent ce texte.
    Que Mme Martin comprennent qu’il n’y a pas que des monstres en Belgique, mais aussi des humains, dont elle peut faire partie si elle le souhaite.
    Qu’elle sache, en tout cas, que si on ne sait revenir en arrière, on peut préparer l’avenir.
    Courage.

    PS: Un de ses voisins que je connais personnellement est de mon avis, comme tant d’autres de ses voisins.

  • Hans-Joachim Uwarow

    A l’époque des faits je pleurais et chaque fois que j’entends, encore aujourd’hui, « Con te partirò » des larmes me viennent. Imaginer l’inimaginable, comprendre l’ incompréhensible, vivre un instant pareille douleur! Mais en lisant votre billet une chose s’est passée en moi.
    Devant tant d’humanité, aussi bien de la part du juge que de vous je ne peux que m’incliner. Michelle Martin n’est pas au bout de sa peine, elle n’est pas libre non plus! Elle doit faire face, au quotidien, á la société. N’est-ce pas cela la véritable punition? Et nous tous, n’avons nous pas á tirer des leçons de cette histoire? Bref, merci pour cette mise au point!

  • @Horizon Je crois pouvoir déduire de votre commentaire fort intéressant que vous n’avez jamais mis les pieds dans un Tribunal puisque, par bonheur, vous n’avez jamais eu l’occasion jusqu’à présent de comparaître devant cette institution de fric et de pourriture. Vous critiquez donc une institution dont vous ne connaissez rien du tout, ce qui revient à suivre aveuglément ses croyances, lesquelles ne sont finalement fondées sur votre seule imagination. Vous me permettrez dès lors de penser qu’une réflexion basée sur le néant n’a guère de pertinence. Pour ce qui me concerne, je me réjouis que la plupart des magistrats n’aient fort heureusement pas votre état d’esprit car, si c’était le cas, la Justice ne serait effectivement qu’une institution de pourriture.
    @Hans-Joachim Uwarow Je ne peux que me réjouir d’avoir suscité votre réflexion et d’avoir pu convaincre que tous les êtres humains, même ceux qui ont commis les actes les plus horribles, ont toujours une part d’humanité en eux.

  • Peter Todorov

    Bravo…
    Merci d’avoir dit si bien ce que je ressens également.
    Et, contrairement à Horizon, si, un jour, j’ai une « cause perdue » à faire plaider, je penserai à vous. 🙂

  • Pierre de Theux

    Merci simplement pour ce texte qui apporte qui réflexion claire et profonde bien éloignée de l’attitude de nombre de nos concitoyens qui sont bien trop souvent ignorants du fonctionnement, de l’organisation de notre système judiciaire et sont mus par une violence et une haine systématiques et inadmissibles.

  • Jean-Louis Michotte

    Il faut beaucoup de sensibilité, d’humanité et de courage, me semble-t-il, pour faire un choix comme l’a fait l’ancien juge Christian Panier. Il faut aussi beaucoup de sensibilité, d’humanité et de courage pour souligner ce geste comme le fait l’avocat Thierry Smets. Merci à vous deux de nous aider à essayer d’être un peu plus des humains.

    • rossthy

      dites tout ca aux parents qui on perdu leurs enfants qui on souffert le martyre vous faite bien rire être plus humain l’on t’ils été pour tuer des enfants si c’étais les vôtres parleriez vous ainsi j’en doute bien fort

  • patinet marie-rose

    Je vous remercie Monsieur Smets et je rejoins tout à fait votre point de vue. Il suffit de regarder comment va le monde pour se rendre compte que faire preuve d’humanité est aboli depuis longtemps ! Il est clair aussi que, au niveau de la justice, c’est l’acte que la personne a commis et non la personne elle-même.

  • N’étant pas différent de la moyenne de la population, je me permets de m’exprimer comme elle. Si nous étions tous en résonance avec les quelques personnes qui se sentent investies de la nécessité de sur-réagir à une attitude aussi humaine, nous serions à nouveau un million dans la rue. Est-ce le cas? Non. Tout au plus, une centaine de personnes dans la rue et des réactions excessives nuisant par essence à leur cause désespérée. Il m’importe donc de voir les choses telles qu’elles sont et de les considérer comme un simple épiphénomène. En gros, le proverbe arabe sied bien à la cause: « Les chiens aboient et la caravane passe ». Reste à la presse à sensation de se contenter de faire un travail honnête et de ne pas mettre, bien inutilement de l’huile sur le feu. Reste le danger d’être la proie d’un fou extrémiste. On se doit de considérer que le juge Christian Panier est, outre un homme de qualité, il est surtout un homme courageux au sens où il se met réellement en danger. Et là, notre rôle à tous est de le soutenir car il le fait en notre nom et au nom des valeurs qui sont le socle de notre société. Et comme je le dit à mes enfants, si vous n’êtes pas d’accord, agissez politiquement et dans le respect des valeurs démocratiques car si ces valeurs protègent les autres, elles vous protègent aussi.

  • HCR

    De ce que j’ai bien compris de cette affaire c’est que la Justice a fait une affaire de principe de cette libération conditionnelle de Michelle Martin et que les conditions pour celles-ci sont très limites. Ce que la population comprend très bien, je crois, c’est que l’une des conditions, c’est le lieu d’hébergement. Donc la majorité des gens sont remontés contre ceux qui acceptent de l’héberger car ils permettent ainsi sa conditionnelle.
    Cependant, monsieur Russo objectait trois choses:
    * les parents des victimes ne sont pas d’accord (ce qui est quand même important même si pas bloquant)
    * Madame Martin est une récidiviste et n’a pas eu l’addition de ses peines ni n’a normalement droit à une conditionnelle si tôt à cause de la rupture de sa condamnation avec sursis
    * Elle n’arrive toujours pas à exprimer des regrets (c’est subjectif mais me semble quand même assez important dans un processus de justice surtout sur des faits aussi extrêmes)

    Rajoutons à celle l’enterrement du dossier bis donc cela ressemble un peu à une récompense pour ne pas avoir balancé sur ce qu’elle savait d’autres dont l’indentité des « invités » de son mari dont l’existence a été attestée mais pas leur identité.

    Admettez quand même que le fait que ce soit un ancien juge qui l’héberge là où la justice belge a démontré que sans le zèle de deux magistrats, Dutroux serait peut-être encore en circulation.

    Il est donc dommage que la justice se soit vengée sur la population en forçant cette libération et que sans le juge Panier, Michelle Martin retournait en prison, ça les gens le comprennent instinctivement.

    L’un des problèmes, c’est le manque de respect de la justice envers la population et sur ce plan-là, les avocats plus efficaces à innocenter les coupables qu’à défendre les victimes n’aident pas souvent.

    Je dirais que l’un des problèmes de la justice actuelle c’est que l’on a transformé la règle « tout accusé droit à un procès équitable » (base de notre démocratie) en « tout coupable a le droit d’être innocenté » et, là, les avocats ont quand même une responsabilité écrasante, je sais que c’est une profession commerciale comme une autre où l’on a des clients en démontrant son efficacité mais celle-ci me semble aller un peu loin et Michelle Martin semble avoir bénéficié de bien des traitements de faveur qui choquent la population, oui.

    Cela vous étonne donc?

    • Je me permets de répondre à votre commentaire, à la demande notamment de Sabrina. Je ne connais pas le fond du dossier. Je suis donc embêté de prendre position dans un sens ou dans l’autre en méconnaissance de cause.

      Vous me dites que les parents n’étaient pas d’accord avec la libération conditionnelle de Michelle MARTIN. Je ne sais pas si c’est le cas mais cela peut naturellement se comprendre. Il est évidemment difficile, peut-être même impossible, pour un papa ou une maman qui a perdu son enfant dans des circonstances dramatiques d’accepter avec le sourire la libération conditionnelle d’une personne qui est l’une des causes de cette perte. Il est aisé de raisonner de manière détachée lorsque l’on n’est pas personnellement concerné. Ce ne l’est pas lorsque l’on est une victime et je comprends parfaitement la réticence des parents, même si je persiste à penser, à tort ou à raison, que le fait de laisser Michelle MARTIN croupir en prison jusqu’à la fin de sa vie ne les rendra ni plus, ni moins heureux. Et si cela les rend plus heureux, il me semble qu’un tel bonheur ne serait pas sain car, de manière générale, je ne peux raisonnablement pas concevoir que l’on puisse se réjouir de faire du mal à quelqu’un, fusse son pire ennemi. Dans l’absolu, il est rare, exceptionnel, que les victimes manifestent leur accord sur la libération conditionnelle de l’auteur des faits. Cela ne me semble pas être un argument décisif car, s’il fallait retenir cette opposition comme déterminante, il n’y aurait plus jamais de libération conditionnelle, de reclassement, de réinsertion, de pardon.

      Comme précisé plus haut, je ne connais pas suffisamment le dossier pour savoir si, oui ou non, Michelle MARTIN était récidiviste. En tout état de cause, si c’est le cas, il a nécessairement été tenu compte de cette récidive dans le choix de la peine. Et il en est également tenu compte lors de l’examen de sa demande de libération conditionnelle. Je crois qu’il faut se garder de se lancer dans des conclusions hâtives alors que les personnes qui connaissent parfaitement le dossier n’ont pas manqué de se poser toutes ces questions et d’y apporter les réponses qu’elles ont jugées adéquates.

      Le dernier argument me semble important. Elle n’arrive toujours pas à exprimer ses regrets. Je ne sais pas si c’est le cas ou non. Je peux naturellement me tromper mais je pense qu’elle a, à un moment donné, sollicité une médiation ou proposé de rencontrer les parents des petites victimes, lesquels ont refusé l’invitation (ce qui est, certes, compréhensible). Il est raisonnablement permis de penser qu’elle n’aurait pas manqué d’exposer son point de vue et de leur présenter ses excuses (ou pas car, une fois encore, je me garde de penser à la place des autres). De deux choses l’une : SOIT elle regrette sincèrement ce qui s’est passé (et il est permis de le croire si l’on croit en l’être humain), SOIT ce n’est pas le cas et, en pareille hypothèse, je ne peux que plaindre cet état d’esprit.

      Mais tel n’était pas l’objet de l’article. On peut penser ce que l’on veut de Michelle MARTIN. On peut aussi penser ce que l’on veut de Christian PANIER. Mais condamner ce dernier et le traiter de tous les noms parce qu’il a estimé devoir faire preuve d’empathie à l’égard de la première me paraît être totalement déplacé.

      • HCR

        Vous admettrez quand même que dans ce type de dossier, l’on pourrait faire preuve de plus de tact et de pédagogie, les sorties du juge Panier n’étant pas là pour calmer les choses non plus. Je ne dis pas que cela changerait quelque chose de la laisser croupir en prison mais de l’en sortir non plus et de risquer une forme de sentiment d’impunité.
        Regardez, même Dutroux essaie de sortir en conditionnelle aussi et trouve injuste que cela lui soit si compliqué.
        Le problème c’est l’arrogance et le mépris des instances judiciaires qui finit par mettre en péril des siècles d’évolution judiciaire pour quelqu’un qui n’en vaut probablement pas la peine, un cas extrême qu’il vaut mieux traiter avec prudence et plus de raideur que les cas « normaux ».

        Nous parlons ici d’une personne qui a été jusqu’au fond de l’horreur, je ne vois pas pourquoi notre système ne se calquerait pas sur le même modèle, la libération conditionnelle préventive me semble une opportunité mais en rien un droit voire une obligation.
        Le système judiciaire semble de plus en plus orienté au bénéfice des coupables plutôt qu’à celui des victimes d’autant que oui, c’est une récidiviste sur des faits déjà assez lourds et très similaires aux faits suivants, ce ne fut qu’une escalade successive.

  • Nicolas

    En 1989, elle est condamnée à 5 ans pour complicité d enlevements et de viols, elle fera 2 ans… La suite est connue. Pensez vous que les jurés ont pensé un instant qu elle ne ferait que 16 ans ?

  • bucheron

    Comment peut on parler d’humanité ,elle a laissé mourir des fillettes et ce juge !! je n’en parle même pas.
    la peine de mort!!!!!

    • David

      Je crois qu’en fait, cet article s’adressait aux gens comme vous. Mais visiblement, vous n’avez rien compris…

  • marc metdepenningen

    L’accueil de Mme Martin par Christian Panier n’est qu’une péripétie dans l’exécution de sa libération conditionnelle accordée il y a près de trois ans. La qualité de l’accueillant ne rend pas l’accueillie plus vertueuse ou plus sympathique. Il n’est, au delà, pas illégitime de s’interroger sur l’exécution des conditions de libération. Est-il ainsi bien cohérent, en regard de l’objectif poursuivi (l’indemnisation des victimes -même si c’est illusoire-, trouver un travail) de réserver à une femme aujourd’hui âgée de 56 ans le bénéfice d’un cursus de droit qui, à sa sortie en en raison de son âge, ne lui permettra pas de trouver un travail effectif. D’autres libérés conditionnels (et ils sont nombreux, mais moins médiatisés et donc délaissés) seraient heureux de bénéficier de pareil privilège alloué sur fonds publics. Par ailleurs, vous écrivez qu’elle « a une mère et un père ». Factuellement, c’est inexact. Son père est décédé alors qu’elle était adolescente. Quant à sa mère, Henriette Puers, elle décéda alors qu’elle était en détention préventive. Mme Martin, antérieurement, eut à coeur de faire attribuer à sa mère des bijoux saisis au domicile de Dutroux et à l’origine douteuse, ce qui permit de les verser à la masse d’héritage dont elle fit abandon au profit de ses enfants. La singularité de cette opération conduisit le parquet de Bruxelles à ouvrir, au moment de sa libération, une information judiciaire pour organisation d’insolvabilité, suite à une plainte des victimes. Son accueil (gracieux moyennant quelques services) chez les soeurs Clarisse fit aussi l’objet d’une information menée par l’auditorat du travail de Namur qui classa sans suite. Tant les Clarisse que Christian Panier ont fait preuve de conséquence dans leurs actes en regard de leurs paroles sur cette réelle problématique du reclassement des libérés, qu’ils soient conditionnels ou de fond de peine. Il est dommage que cet engagement n’ait pas débouché (malgré les intentions des soeurs et les aides déjà apportées par CP à d’autres)sur un mouvement plus large de prise en compte de ces écartés de la société. L’adhésion militante à l’initiative de Christian Panier ne semble se traduire qu’en paroles et au bénéfice exclusif d’un cas extrême et fatalement emblématique. Les symboles qui ne symbolisent rien ne sont que d’une relative utilité.

  • j’adore notre démocratie, mm si le danger pour elle, est l’expression des uns et des autres, de chacun d’entre nous.
    je pense que seule une personne faite d’humanité, de respect, bien d’autres pensées et sentiments des plus respectables, seulement une telle personne peut avoir l’humanité d’héberger une criminelle en liberté conditionnelle, dont l’une des conditions est un logement.
    j’espère donc, que dans ce monde quotidiennement malmené et ce mot est faible, certains hommes ne fonctionnent pas comme cette nouvelle société que nous avons construit pour nos enfants, société réglée par le pouvoir, l’argent et le non-respect total de l’être humain …
    je ne connais pas le jugement dans ses détails, ni de sa libération, ni bien d’autres choses que l’on pourrait nous faire avaler par les médias …
    une chose dont je suis sûre, c’est que si l’on faisait du mal à mes enfants, je ne serais pas capable de l’humanisme de ce juge.
    donc, je remercie ce juge d’avoir pris cette difficile décision.
    et vous qui parlez de peine de mort, sachez que pour ma part, le seul argument valable pour cette peine de mort est l’économie que nous pourrions faire dans des frais d’emprisonnement.

    la vie est le plus beau cadeau
    les expériences vécues par chacun trace un certain chemin
    les erreurs sont humaines
    etc …

    oui, elle coupable de la mort des ces jeunes filles !
    ms nous, avons-nous le droit de juger un homme capable de bien meilleurs sentiments que moi et d’autres …

  • Benoit

    Mr Smets, je vous cite: « Oui mais elle n’est pas allée au bout de sa peine ! C’est scandaleux ! Oui, peut-être. Mais pourquoi ? Parce que l’on estime que tout être humain est susceptible de prendre conscience de ses actes…….. »
    Mais, un élément me gêne fortement, Martin n’est elle pas récidiviste ?
    Donc, tous vos arguments tombent.
    Des réactions comme la votre ou celle de Panier sont une honte, certes la peine de mort n’est en rien une solution, mais l’enfermement à vie peut l’être, ne serait ce que par respect envers les victimes.
    Si de la haut, elles nous observent, je ne suis pas sur qu’elles soient fier de ceux qui comme Panier, donnent une seconde chance à des récidivistes coupables de crimes cruels envers des enfants .
    Si elles nous observent, après ce qu’elles ont vécu et avec le traitement de tolérance accordé à certains accusés, elles doivent vraiment poser un regard étrange sur ce que devient le monde.
    Non, tout n’est pas acceptable, il y a des choses intolérables et impardonnable mais avec des gens comme vous cela ne fera que s’aggraver…….. merci.

  • @Benoit Vous rendez-vous compte que vous qualifiez d’emblée de « honte » la réaction des personnes qui ne pensent pas comme vous ? Quoique … Rien ne vous permet de dire, à la lecture de l’article, ce que je pense réellement de la sanction infligée à Michelle MARTIN. Je n’ai dit nulle part qu’elle était « juste » … mais bien que, malgré tout ce qu’elle a pu faire ou ne pas faire, elle reste un être humain avec ses faiblesses. Mon propos n’avait effectivement pas d’autre but que de réagir au fait que (trop) nombreux sont les gens qui se permettent de juger hâtivement un ancien juge qu’ils ne connaissent absolument pas, sans s’imaginer un seul instant que la pensée de cet homme profondément attaché à la Justice est au moins aussi respectable (et sans doute beaucoup plus réfléchie) que la leur.

    En d’autres termes, votre commentaire se résume aisément en une phrase : « si tu penses comme moi, c’est bien, tu as raison. Si tu ne penses pas comme moi, tu a tort et c’est une honte ». Cela ne vous semble-t-il pas un peu réducteur comme vision des choses ? Croyez-vous vraiment que ceux qui ne partagent pas votre point de vue sont forcément des imbéciles qui ne méritent que votre mépris uniquement parce que vous estimez unilatéralement détenir le monopole de la raison ? « Il y a des choses intolérables et impardonnable mais avec des gens comme vous cela ne fera que s’aggraver ». Voilà une affirmation bien péremptoire ! Et c’est vous qui décidez ? Vous décidez donc de ce qui est juste et injuste, pardonnable ou pas, tolérable ou pas. Comme tous les êtres humains, vous voyez le Monde à travers vos lunettes construites avec vos croyances, vos pensées, vos casseroles, vos expériences … mais vos lunettes ne sont, ni meilleures, ni moins bonnes que celles des autres. J’ai raison, les autres ont tort. Etes-vous conscient que c’est exactement le même discours que tiennent ces personnes qui commettent des attentats épouvantables au nom de leur religion ? Etes-vous conscient que c’est le genre de propos que tenait l’Inquisition au Moyen-Age ? Tu ne penses pas comme moi ? Tu es un mécréant. Fort heureusement, vous n’allez pas jusqu’à éliminer ceux qui ont choisi une autre pensée que la vôtre … mais le mépris à l’égard de l’être différent de celui que vous êtes est parfaitement semblable. Celui qui ne pense pas comme moi est un idiot.

    Indépendamment de cela, l’objet de l’article n’est pas et n’a jamais été de refaire le procès de Michelle MARTIN mais simplement de se pencher sur le fait que, comme vous, certaines personnes se permettent de fustiger ceux qui ont des idées différentes, au point de manier l’insulte, voire l’agression, parce que ces gens estiment savoir mieux que Monsieur PANIER comment il doit agir à l’égard de cette dame. N’est-ce pas un peu prétentieux ? Je sais mieux que quiconque ce qu’il y a lieu de faire en pareil cas … Je sais. Les autres ne savent rien. Il n’y a qu’une pensée unique, une seule vérité … et c’est la mienne. Désolé de ne pas partager votre point de vue et de remplir les rangs des mécréants. La question n’est pas d’avoir tort ou raison. La question est de respecter ceux qui ne pensent pas la même chose que vous et là, visiblement, il y a encore un peu de travail à faire sur soi.

    Ceci étant dit, puisque vous abordez la question, vous indiquez que la prison à vie aurait été la solution. Peut-être, mais ce n’est pas ce que les jurés qui, je le répète une fois encore, sont des gens comme vous et moi, ont estimé devoir faire. Or eux, contrairement à vous et moi, ont eu connaissance de tous les tenants et les aboutissants du dossier. Bref, vous rendez-vous compte que vous fustigez par ailleurs une décision de justice prise en parfaite connaissance de cause par des citoyens « ordinaires » qui ont jugé les faits en leur âme et conscience … et ce uniquement parce que vous, qui ne connaissez finalement rien du dossier (si ce n’est ce que vous avez lu dans la presse), vous considérez savoir également mieux qu’eux ce qu’est une peine juste ? Décidément … qu’ils sont bêtes, tous ces gens qui n’agissent pas comme vous estimez qu’ils devraient se comporter ! Moi, Benoit, je sais ce qu’il aurait fallu faire. Eux, ils ne savent rien. Vous n’avez pas lu le dossier, eux l’ont fait, mais ils sont ignorants. Vous croyez ? Si vous vous présentez un jour devant un magistrat et si celui-ci vous répond d’emblée : « pas la peine de m’expliquer; inutile de me remettre les pièces de votre dossier : moi, je sais ce qui est juste ou pas, instinctivement », cela va vous rassurer ?

    Mais bon, je vous pardonne bien volontiers d’avoir un point de vue différent du mien (et, apparemment, de plusieurs commentateurs de cet article) et de vous tromper de sujet … Pour le reste, vous n’êtes pas Julie et Mélissa. Merci de ne pas penser à leur place.

    • Nicolas

      Je vous cite : « Peut-être, mais ce n’est pas ce que les jurés qui, je le répète une fois encore, sont des gens comme vous et moi, ont estimé devoir faire. »

      Pensez-vous une seconde que les jurés pensaient que MM allait sortir après 16 ans de prisons sur 30 ??

  • Simon

    Article intéressant. Bémol: les personnes qui pourraient le plus bénéficier des pistes de remise en question et de réflexion, sont justement celles qui se décourageront dès la lecture du premier paragraphe.

  • Sabrina

    Monsieur Smets,

    puis-je vous poser une question toute simple et sans procès d’intention aucun?
    Pourquoi ne pas répondre à des commentaires tels que celui de HCR posté le 12 avril?

    Votre prose est, selon mon propre avis, admirable. Le message et vos arguments tout autant. Je vous remercie par ailleurs pour cet article qui, je l’espère, en amènera certains (malheureusement pas tous) à réfléchir et débattre.

    Ceci dit, je remarque que vous réagissez aux « critiques » ou aux louanges mais pas du tout au post de ce HCR qui prend pourtant le temps d’argumenter et de reconnaître l’avis de chacun.
    Vous discourez – entre autres choses et prévenez-moi si je me trompe – sur ceux qui trop facilement, par manque de reflexion, par bêtise etc. se permettent de juger l’avis ou décisions des autres. De fustiger celui qui ne pense pas comme eux. De réduire à peu, ce sur quoi se fondent le leur (d’avis).

    Mais il manque pour ma part dans votre texte, la prise en considération de tout un tas d’éléments qui poussent certains a: trop peu réfléchir, fustiger, en appeler à la vengeance ou la peine de mort, critiquer sans comprendre… .
    Il manque tout un ensemble de faits… qui ont amené une population belge à ne plus comprendre un monsieur Panier, à ne plus faire confiance à une justice qu’ils pensent « pourrie » et injuste pour les vicitimes, à s’identifier aux parents-victimes sans prendre en considération le dossier entier etc.

    Ces éléments; HCR vous en fait une liste non exhaustive. Bien que votre propos soit davantage tourné vers Mr Panier et non pas sur le procès de Martin, vous-même reprenez les questions ou réflexions/remarques qu’un lecteur lambda se ferait à la lecture de votre article. Oui mais voila… d’autres réflexions viennent à nous. Celles-là même que HCR reprend en partie.

    Et il aurait été intéressant d’avoir votre avis ou votre réponse à ces réflexions. Car vous en utilisez certaines pour justifier vos propos mais pas d’autres (celles d’HCR) alors qu’elles sont sur une majorités de lèvres et qu’elles (encore plus que d’autres) nous amènent difficilement à laisser une place à notre empathie.

    Je comprends Mr Panier, je suis un être empathique et raisonné qui parfois est confronté à l’incompréhension de certains. Parce qu’ils ne comprennent pas que malgré la noirceur je continue à voir et respecter l’humanité de chacun. Cependant, ce n’est pas votre argument qui m’aurait convaincue d’être davantage empathique, compréhensive ou raisonnée quant à ce sujet-ci. Essentiellement parce que vous ne « démontez » pas ou devrais-je dire vous n’utilisez pas ces quelques objections reprises dans le post de HCR et que Russo avaient par ailleurs soulignées… .

    • Je pense avoir satisfait à votre demande … Mais la question que vous soulevez est plutôt celle de la sanction prononcée contre Michelle MARTIN ainsi que celle de l’opportunité de sa libération conditionnelle. Je n’ai pas d’opinion personnelle à ce sujet dès lors que je ne connais ni les arguments en faveur de cette mesure, ni ceux qui ont été soulevés à l’encontre de celle-ci.

  • Christophe

    Même si, je l’avoue, j’envie l’altruisme que vous démontrez et même si j’adorerais vivre dans le monde utopique dans lequel vous pensez vivre, je ne peux m’empêcher d’être révolté de savoir que cette « femme » a le droit de jouir de tout ce dont elle a privé VOLONTAIREMENT des milliers de familles.
    Pourquoi des milliers? Tout simplement parce que, outre les familles des victimes directement impliquées, c’est toute la Belgique qui a souffert et qui souffre encore…
    Personnellement j’ai 41 ans et je suis de cette génération qui pouvait encore jouer dans la rue jusqu’à ce que la nuit tombe voir même un peu plus tard si on restait dans les environs proches.
    Depuis cette affaire Dutroux, quels parents ne s’inquiètent pas (plus que de raison) dès que leur fille veut aller jouer dehors?
    Combien ne veulent même plus en entendre parler ? Sortir ? Dans la rue ? Toute seule? Mais quelle idée !
    Le mal que ces monstres ont causé, est et sera présent dans les esprits encore longtemps…

    Vous dites dans l’une de vos interventions que Michelle Martin est maman et, qu’elle-même, a aussi une maman et un papa…Certes… Mais Pourquoi pourrait-elle avoir le droit de les serrer dans ses bras, alors qu’elle a volontairement privé d’autres parents de pouvoir en faire de même avec les enfants qu’elle a laissé torturer, laissé mourir ou même tués elle-même qui sait…
    Je suis d’accord sur le fait que la savoir enfermée ne rendra pas les parents plus heureux, mais ce qui est sure c’est que la savoir dehors à pouvoir vivre sa vie comme si de rien était les rendra inévitablement plus malheureux.

    Chaque fois qu’ils croiseront une mère qui embrasse sa fille, la première chose à laquelle ils penseront sera qu’ils n’ont plus la chance de pouvoir le faire et tout de suite derrière, ils se diront que celle qui en est responsable, elle, elle peut encore le faire grâce à cette belle justice que vous défendez aveuglément et grâce aux doux rêveurs qui partagent votre vision ainsi que celle de Mr Panier.

    Alors ne pas être heureux du malheur d’une autre est une chose normale et humaine, mais admettez alors qu’être malheureux de savoir que la responsable de tous vos malheurs peut connaître à nouveau le bonheur dont elle vous a définitivement privé l’est tout autant.

  • Anne D'urbano

    Merci pour votre article,merci à Monsieur Panier pour son courage et sa leçon de justice et d’humaniste.MERCI

  • Gabriel Neu

    Je me dis, à lire (sur les forums) les commentaires si haineux, si médisants, (parfois) si stupides, sur la décision de Christian Panier d’héberger Michelle Martin, que notre monde a un réel problème d’harmonie. Les indiens Navajo ont ce concept intéressant d’hózho, d’harmonie, que le malade, le criminel a quitté en insistant sur la responsabilité collective quand elle est brisée.
    Ces criminels horribles ne seraient-ils finalement que le reflet de nos propres turpitudes, de nos propres lâchetés.
    Ceux qui crient à mort ne se rapprochent-ils pas de l’immonde.

    Je cite Mr Panier « Après 30 ans de vie judiciaire, et après avoir envoyé pas mal de gens en prison, parfois pour longtemps, j’ai la conviction que la réinsertion est ce qui fait la différence entre la justice de la vengeance et la justice de civilisation ».

  • Christophe

    Etrange, plus de réaction face à des arguments réfléchis qui peuvent être difficilement contestés honnêtement et face à des questions justifiées

  • Paul Martens

    Merci, Mr Smets, pour le partage franc de vos réflexions, et pour le courage de les assumer. J’y souscris, et je salue le courage et l’humanité de Christian Panier dans sa démarche.

    Je partage pleinement les réflexions de Gabriel Neu.
    Nous ne sommes en rien séparés les uns des autres, avec d’un côté les « bons », les « justes », et de l’autre les « méchants », les immondes »… Nous appartenons tous à la même humanité, souvent terne et lâche, parfois sordide, parfois aussi magnifique et généreuse, porteuse de sens et d’espérance.
    Les ombres que nous dénonçons chez les autres, ne les portons-nous pas tous en nous ? Et si, avant de condamner autrui, nous faisions un peu le ménage chez nous, dans petites lâchetés quotidiennes, dans nos jugements à l’emporte-pièce qui enferment, condamnent et divisent au lieu de réunir, dans nos égoïsmes au quotidien, dans nos mépris de l’autre, dans nos petites tricheries ou mesquineries de tous les jours, dans nos croyances limitantes…
    La seule façon de transformer ce monde en un monde plus humain n’est-il pas de nous changer nous-mêmes, et d’oser remettre en questions nos certitudes confortables de café du commerce ? Ça ne se fait pas en un jour, je vous l’accorde volontiers. Et moi-même j’aimerais déjà être plus loin dans ma propre transformation. Ne pas perdre confiance dans notre capacité de transformation…

    Bien sûr, il y aura encore longtemps des injustices, des inégalités entre les gens, des différences de traitement, … Est-ce au nom d’une égalité dans l’inhumanité que l’on doit refuser à quelqu’un comme Mme Martin une porte vers une possible transformation ? Est-ce parce que d’autres n’ont pas cette chance que l’on doit la lui refuser ? Et si, au contraire, il était possible d’étendre cette humanité aux autres ?

    Bien sûr, les faits pour lesquels Mme Martin a été condamnée sont horribles. Cela nous permet-il, à nous de la condamner définitivement comme être humain ? Qui sommes-nous pour nous autoriser cela ?!
    La justice des hommes est imparfaite, certes. Elle commet parfois des erreurs d’appréciation, des erreurs judiciaires. Elle est rendue par des hommes, et les hommes sont faillibles – comme vous et moi le sommes. Mais la justice pratiquée dans notre pays mérite globalement d’être considérée et respectée. Parce qu’elle s’efforce de ne juger que les faits, et non la personne, de ne pas se laisser gagner par l’irrationnel, l’aveuglement de la colère ou de l’émotion.

    Je m’adresse enfin aux quelques intervenants « anonymes » sur cette page (prénoms, initiales, pseudos). Êtes-vous si peu fiers ou si peu sûrs de vos opinions que vous n’avez pas envie de les assumer en vous nommant ? C’est en vous nommant, en signant de votre nom, que vous assumerez votre statut d’être humain singulier, libre et pensant, et que vous donnerez de la consistances à vos propos. Je pourrai être ou ne pas être d’accord avec vos opinions, nous échangerons entre êtres humains debout, pas entre des ombres dissimulées…

    Un mot encore. Certains le jugeront angélique ou fleur bleue. Peu importe, j’assume. Il nous appartient aujourd’hui de choisir, individuellement et collectivement, si nous voulons continuer à vivre dans la peur et le rétrécissement, ou si nous osons la confiance et – mais oui ! – l’Amour.