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Test-Achats : publicité mensongère ?

Le Président de l’Ordre des Barreaux francophones et germanophones de Belgique a manifesté auprès de Test Achats la légitime désapprobation des Barreaux à l’égard de la maladroite et malencontreuse campagne publicitaire récemment lancée par cet organe : www.50avocats.be.

Aucun avocat ne peut en effet se reconnaître dans une telle présentation de l’exercice de sa profession.

Il est, en outre, raisonnablement permis de penser que cette publicité est trompeuse dès lors qu’il n’y a pas 50 avocats à la disposition de l’internaute faisant appel à Test Achats. Un comble pour une association censée protéger les intérêts des consommateurs et qui n’hésite pas, apparemment, à tromper ceux-ci à des fins purement publicitaires !

Voici le texte de la lettre du Batonnier De Baerdemaeker:

« Messieurs,

 

Concerne : Campagne publicitaire www.50avocats.be

Plusieurs avocats de différents barreaux se sont émus voire indignés de l’exploitation faite de l’image de l’avocat dans la campagne que vous avez initiée récemment.

Sous réserve de ce qui pourrait être dit à propos de l’appropriation qui est faite de l’image d’une profession protégée par la loi et de la présentation de celle-ci dans l’exercice de son activité, je tiens à vous faire part de la réaction unanime des barreaux composant l’Ordre des barreaux francophones et germanophone.

Peut-être les auteurs de la campagne ont-ils voulu mettre en exergue l’utilité et l’efficacité des services susceptibles d’être rendus par des avocats mais force est de constater qu’une atteinte désagréable a été portée à l’image qui doit être réellement celle de leur métier.

En effet, les concepteurs de la campagne ont cru bon de mettre en avant un prétendu caractère guerrier ou agressif des avocats pour convaincre le public de l’intérêt qu’il pouvait avoir à les consulter.

Le trait a été forcé jusqu’à montrer une dizaine d’avocats portant la robe mais aussi un équipement militaire pourchassant un malheureux justiciable contre lequel on comprend qu’ils proposent d’agir au nom d’autres justiciables supposés implicitement plus faibles. Quelle violence…

Si la scène est censée en faire sourire certains, elle est en tout cas en contradiction avec un principe fondamental de la profession, à savoir le devoir de dignité.

Un avocat qui adopterait une attitude similaire, s’exposerait à des poursuites disciplinaires et ce, pour garantir la crédibilité de la profession dans l’intérêt exclusif des justiciables.

En outre, et ceci est peut-être encore plus important, la publicité méconnait complètement le premier devoir de l’avocat lorsqu’il est consulté par un justiciable, à savoir le conseiller et rechercher une solution sur une base négociée et non contentieuse.

Le barreau, depuis plusieurs années, fait des efforts considérables pour promouvoir précisément ce rôle-là de l’avocat et il a d’ailleurs soutenu un nombre important de formations à la médiation.

Dès lors, vous comprendrez que ses membres ne peuvent accepter d’être aussi mal présentés et aussi d’une façon tellement réductrice, qui constitue une atteinte à la bonne foi.

Si l’on peut sans doute rire de beaucoup de choses, vous conviendrez avec moi qu’il n’est pas acceptable de découvrir que sa profession est ainsi tournée en dérision alors même, qu’en vertu de la loi, elle est censée inspirer la confiance dans le public.

Dans ces conditions, j’apprécierais que vous me fassiez connaître les mesures que vous envisagez de prendre pour faire cesser cette situation.

Enfin, il me revient que les appels des personnes qui recourent au service que vous offrez ne sont pas des avocats, contrairement à ce que laisse entendre la publicité. Celle-ci pourrait dès lors être trompeuse.

Je terminerai la présente la lettre en vous disant que si votre association peut se prévaloir de l’assistance de 50 avocats, notre Ordre est composé de 7.112 avocats qui conseillent, concilient et défendent chaque jour tous les justiciables qui font appel à eux.

La présente lettre est évidemment adressée sous toute réserve et sans reconnaissance préjudiciable.

Veuillez agréer, Messieurs, l’assurance de mes sentiments distingués.

 

Robert De Baerdemaeker

Président »

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